Mais.

 

Je n’aurais pas dû faire cette photo

Je n’aurais pas dû avoir ce sourire là sur mes lèvres en faisant cette photo

A ce moment précis, à cet endroit là.

 

Je n’ai pas voulu faire ce bruit en touchant le parquet

Je n’ai pas voulu déranger la lumière

Je n’aurais même pas dû être là

 

Traverser ce couloir

Rentrer dans ce château

Pousser la grille du parc

Descendre de la voiture

Faire la route

Mettre la glacière dans le coffre

Faire cuire les œufs

Réveiller les enfants

 

J’aurais dû pleurer beaucoup & faire cuire des nouilles

Fermer les volets & imaginer regarder passer les bateaux

Écouter les gens sur la terrasse en bas

Derrière les volets fermés

En lisant, peut-être.

 

 

Mais

 

 

Toi.

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Je n’ai pas peur.

Je n’ai pas peur de vieillir. Parce que vieillir, ça veut dire être vivant.

Je me fous d’avoir l’air. Parce qu’avoir l’air, c’est perdre la parole.

Je ne suis pas attachée à ce que j’étais avant, parce que ce j’étais avant n’a rien à voir avec ce que je suis maintenant.

Je ne suis pas attachée à ce que l’on pourrait penser de moi, parce que je suis ce que je sais.

Je ne suis pas pas attachée à ce que l’on pourrait penser de moi, parce que je suis ce que vous voulez.

Peu m’importe là où je vais, parce que je sais là d’où je viens.

Peu m’importe là où nous irons, parce que j’ai envie d’y aller aussi.

Je n’ai pas peur d’être ce que je suis, parce que j’ai compris que ça n’avait aucun poids.

Je suis heureuse d’être celle que je suis, parce que je ne pèse plus sur personne.

Je suis ce que je suis.

& si j’avais pu choisir, je n’aurais pas changé une seule virgule.

Je n’ai pas peur, parce que je suis vieille, vivante, attachée & légère.

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Pas besoin.

La marque de la brûlure

La brûlure de la tiédeur

La tiédeur du manque de courage

Le courage d’abandonner

L’abandon de la dignité

La dignité mal placée

La place qu’on mérite

Celle qu’on nous impose

L’imposture dressée comme un mur

les murmures qui déchirent

Le déchirement de devoir avancer

Le devant qui fait peur

La peur qui fait mal

Le mal qui sourit

les sourires qui vomissent

 

Pas besoin de dire du mal pour en faire

 

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Légère, les mains dans les poches.

 

Bien sûr, c’est toujours quand on se parle à soi même qu’on dit les choses les plus intelligentes.

Bien sûr, c’est toujours quand il n’y a personne pour nous admirer qu’on est la plus belle.

Bien sûr, c’est toujours quand on est seule qu’on rêve d’Être pour quelqu’un.

 

Évidemment, c’est toujours quand on met sa plus belle robe qu’on ne croise personne.

Évidemment, c’est toujours quand on est fagotée comme l’as de pique qu’on croise l’homme de sa vie.

Évidemment, c’est toujours quand on maquillée qu’on pleure.

 

Bien sûr, c’est toujours quand on sort, légère, les mains dans les poches qu’il se met à nous pleuvoir sur la tête.

Bien sûr, c’est toujours quand on veut avancer qu’on crève.

Bien sûr, c’est toujours quand on veut grandir qu’on nous marche sur les pieds.

 

Évidemment, c’est toujours quand on doit se lever tôt le matin que la nuit nous empêche de dormir,

Évidemment, c’est toujours quand on peut dormir tard la nuit que le sommeil frappe à la porte

Évidemment, c’est toujours quand on a envie de pleurer que c’est sec.

 

Bien sûr, c’est toujours quand on aime que bien sûr, bien sûr que non.

Évidemment, c’est toujours quand on c’est évident que c’est évidemment non.

Bien sûr que non.

 

 

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