La boue du dimanche.

Retirer ses vêtements des cintres.

Comme le déshabiller une dernière fois. Lui faire la peau.

S’enfouir dans l’odeur de ses chemises aux motifs improbables.

Lui faire les poches aussi, pour ne rien leur laisser de nous puisqu’ils ne veulent rien savoir.

Trouver des choses.

Oui.

Des choses avec notre histoire dedans.

Pleurer dans un amas de chaussettes.

Orpheline(s).

Garder un, juste un, seulement un T-Shirt.

Emballer avec d’infinies précautions ses si incroyables chaussures en peau de je ne sais quoi je n’ai jamais su.

Ses chaussures.

Celles qu’il portait quand il marchait à côté de moi. & moi. A côté de lui.

Ensemble. Le dimanche. La boue de ce dimanche encore sur ses semelles.

Pleurer dans une boite à chaussures.

Ranger ses livres.

Les siens, ceux qu’il a écrit, ceux des autres, ceux qu’il a lu. Que nous avons lu. Que je ne lirai plus. Qu’il ne lira plus. Qu’il n’écrira plus.

Ranger ses photos. Ne pas, NON NE PAS ouvrir les albums du petit qu’il était. Avec les gens (v)autour.

Emballer des souvenirs qui n’ont jamais été les nôtres.

Pleurer sur la couverture d’un carnet.

Réunir toutes les cartes postales muettes.

Les cartes qu’il ne m’écrira plus.

Les cartes que je ne lirai plus.

& puis se dire au revoir, encore, encore une fois.

Lui dire au revoir Darling. & merci.

J’ai tous les souvenirs qu’il me faut.

Ceux qu’on a fabriqué ensemble.

J’ai la boue aussi, sur mes semelles.

La boue du dimanche.

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